Des recherches publiées le 23 juillet dans la revue Science montrent que les mesures de confinement visant à lutter contre la propagation de COVID-19 ont permis de réduire de 50 % le bruit sismique observé dans le monde entier entre le début et le milieu de l’année 2020.

L’article résulte d’une collaboration unique entre 76 auteurs appartenant à 66 institutions, dont certains membres de Résif, dans 27 pays. Ce travail d’équipe exceptionnel a permis de traiter et analyser les masses de données issues de plus de 300 stations des réseaux de surveillance sismique mondiaux tels que Résif. C’est la première étude mondiale d’impact de la pandémie sur la terre solide.

L’analyse a mis en lumière la « vague » se déplaçant à travers la Chine, puis en Italie, et dans le reste du monde. Les plus fortes réductions du bruit sismique ont été constatées dans les zones urbaines, mais également sur des capteurs enterrés à des centaines de mètres dans le sol et dans des zones plus éloignées, comme en Afrique subsaharienne.

Elle révèle une forte concordance entre le bruit sismique et la mobilité humaine (enregistrée par les applications cartographiques des téléphones mobiles et rendue publique par Google et Apple). Les données sismiques se révèlent ainsi un outil de suivi de l’activité humaine indépendant de toute collecte de données personnelles.

Cette période de silence en matière de bruit sismique permettra-t-elle de détecter de nouveaux types de signaux ? Avec l’urbanisation croissante et l’augmentation de la population mondiale, de plus en plus de personnes vivront dans des zones géologiquement dangereuses. Il sera donc plus important que jamais de caractériser les bruits anthropiques afin que les sismologues puissent mieux écouter la Terre, en particulier dans les villes, et surveiller les mouvements du sol sous nos pieds.

Contacts Résif :

  • Claudio Satriano, IPGP
  • Jérôme Vergne, Eost
  • Marc Grunberg, Eost

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Science Journal - AAAS
Variation du déplacement moyen du sol à la station FR.CURIE de l'IPGP
Figure 3 : Variation du déplacement moyen du sol (en nanometres) observé sur la composante verticale de la station FR.CURIE de Résif-RLBP installée récemment dans les locaux de l’IPGP. Graphique réalisé grâce à l’outil SeismoRMS. © Claudio Satriano, IPGP (Paris). En savoir plus.